L'histoire d'une fée, c'est... (une naissance déterminante)

Mylène Gautier naquit à l'aube d'une journée d'une saison finissante. Un contraste en soi déjà fort plaisant si on connaît l'oeuvre future de ce nouveau-né.

Pour les amateurs de chiffre, cette voix, qui bercera tant d'esprits plusieurs décennies plus tard, fournit son premier cri le 12 septembre 1961, à 6H18 du matin, dans la ville de Montréal (Québec, Canada).*

Si, comme Mylène a ses débuts, nous prêtons un petit moment un certain intérêt à l'astrologie, les éléments liés au contexte de sa naissance pourraient nous permettre de mieux comprendre qui sera Mylène Gautier.

Vierge ascendant vierge (traduisant déjà en soi une harmonie entre être et paraître), une étude de son thème astral indiquerait que "l'anxiété et les réticences propres à la Vierge trouveraient un bel exutoire dans le goût du secret (alliance de la Vierge et de Scorpion qui incite au retrait et à la construction d'une carapace) et les suggestions sexuelles de Pluton. (...) C'est aussi la fragilité épidermique et la puissance intérieure, la retenue et l'envie d'aller jusqu'au bout, de soi-même et des autres; l'alliage entre le perfectionnisme et l'absolutisme. (...) Mercure confère à Mylène un grand besoin de s'exprimer, et Mars ferait qu'elle ne souhaite pas s'en laisser imposer. La présence de la lune en Balance indique que l'autre est le miroir des émotions du sujet qui, lui-même, est le dépositaire de toutes les rêveries des personnes qu'il côtoie, et Vénus en Lion montrerait que les sentiments sont passionnés mais secrets, occasionnant un grand besoin d'amour inassouvi"**

Qu'on y croit ou pas, cette étude du thème astral de Mylène Gautier peut susciter plusieurs interrogations, ne pensez-vous pas? ;o)


* Information parue dans l'ouvrage de Patrick Demar, "La nouvelle chanson francophone"
** Revue "Astres", N° 641, de Septembre 2001
# Posté le dimanche 26 mars 2006 08:35
Modifié le jeudi 12 juillet 2007 00:14

L'histoire d'une fée, c'est... (une enfance paisible à Pierrefonds)

Les premières années de la vie de Mylène Gautier ont pour cadre la petite ville de Pierrefonds, situé à une vingtaine de kilomètres de Montréal, au milieu de vastes étendues enneigées.

Sa famille, d'un assez bon niveau social, est discrète, sans histoire. Son père, Max Gautier, est ingénieur des Ponts et Chaussées. Chargé de surveiller la construction d'un barrage de la rivière Manicouagan, il quitte la France pour plusieurs années en amenant toute sa petite famille. Mylène Gautier étant née durant le long intervalle de cette mission, elle obtint de facto la double nationalité.

Son épouse, née Marguerite Martin, demeure au foyer pour s'occuper de ses enfants. En effet, Mylène est seulement la troisième enfant de la famille Gautier, Brigitte et Jean-Loup la précédant de peu. Elle ne sera toutefois pas la dernière puisque Michel finira de compléter ce petit clan en 1969. A la lecture du seul roman de Mylène Farmer, Lisa-Loup et le conteur, on se doute d'ailleurs de la force du lien qui lia la jeune fille à son aîné*

De cette prime enfance, Mylène n'affirme n'avoir gardé que le souvenir des paysages immaculés, celui du goût du sirop d'érable, et celui d'un écureil qu'elle a recueilli et guéri secrètement... Notons qu'elle gagna également un second prix pour un concours de chant junior.

Sa scolarité débutante se déroule quant à elle dans un établissement privé tenu par des religieuses, l'école de Saint-Marcelline. Elle y restera jusqu'au retour brutal de la famille en France, à ses huit ans.


*Ceci n'engage évidemment que ma propre interprétation du roman
L'histoire d'une fée, c'est... (une enfance paisible à Pierrefonds)
# Posté le lundi 27 mars 2006 09:37
Modifié le jeudi 12 juillet 2007 00:14

L'histoire d'une fée, c'est... (un sentiment de vide à Ville d'Avray)

L'histoire d'une fée, c'est... (un sentiment de vide à Ville d'Avray)
Le barrage de Manicouagan terminé, la famille Gautier plie bagages, et s'installe en région parisienne, plus précisément à Ville d'Avray (près de Versailles), alors que Mylène entame sa neuvième année. Extrapoler en invoquant un traumatisme lié à cette rupture serait infondé, mais on se doute que le passage d'une région conviviale à une banlieue froide et "petit-bourgeois" impactera sur la future personnalité de la petite Mylène.

Et en effet, la jeune fille devient assez introvertie, renfermée, malgré une enfance qui semble demeurer heureuse *. Si l'on peut encore une fois se permettre d'émettre une hypothèse, on peut supposer que cette arrivée à Ville d'Avray fut la première confrontation de Mylène face à l'ennui, cet ennui destructeur contre lequel l'héroïne de Lisa-Loup et le conteur tente de lutter.

Cependant, outre sa scolarité, on tente de l'occuper. On l'inscrit ainsi au catéchisme, où Mylène d'après ses propres propos connaîtra une première attirance pour... le curé (sans doute sans plaisir de transgression vu le jeune âge de l'enfant).

Dans le cadre de cette édification religieuse, Mylène se rend à l'hôpital de Garches, où sont hospitalisés des enfants du même âge.** Cette expérience d'une injustice tellement inexplicable et par conséquent inacceptable demeure un motif de colère permanent***.

C'est également à cette époque que Mylène sera gardée des journées entières par sa grand-mère, qui la conduira régulièrement au cimetière. Ce lieu deviendra familier à la petite Mylène Gautier, là où souvent les familles préservent leurs enfants de telle sortie. Le cimetière deviendra alors plus un espace de fascination, de beauté qu'autre chose.

*comme le montrera le petit passage vidéo diffusé lors d'un "Sacrée Soirée" pour la promotion du single Ainsi soit je...
**Elle y retournera régulièrement, son catéchisme terminé, et continuerait encore aujourd'hui à y rendre visite
*** Voir le petit reportage réalisé par Mylène elle-même dans le cadre de l'émission Mon Zénith à moi sur Canal + en 1987, et l'interview réalisée pour le magazine 7 à huit de TF1 en janvier 2006.
# Posté le lundi 27 mars 2006 10:20
Modifié le jeudi 12 juillet 2007 00:14

L'histoire d'une fée, c'est... (faire la nique aux trop bien cultivés)

Y ressentant un certain ennui, la voie scolaire n'enchante guère l'adolescente Gautier. Ses résultats ne permettent d'aillleurs guère de la qualifier de bonne élève.

Mylène, qui enfant songeait à être vétérinaire par amour pour les animaux, manifeste plus particulièrement une véritable passion pour les chevaux, et espère en tirer partie pour définir son projet professionnel: devenir monitrice d'équitation. C'est la raison pour laquelle, sur sa demande insistante, ses parents l'inscrivent au prestigieux Cadre Noir de Saumur (cf photo ci-dessous).

Mais les études rappellent Mylène à l'ordre, et elle doit abandonner rapidement ces formations hippiques. Son amour des chevaux n'en demeure pas moi présent, et il prendra plus tard les traits de la douce jument Juliana...

Le lycée n'apportera pas davantage à Mylène Gautier le goût des études, malgré une orientation en classe littéraire. Le 14 septembre 1979, alors qu'elle vient de fêter ses 18 ans, et que cela fait seulement deux jours qu'elle a entamé son année de terminale, elle quitte son lycée pour ne plus jamais y revenir.

Le caractère de celle qui ne s'en laissera pas imposer, et qui refuse tout compromis, est d'ores et déjà bien présent...
L'histoire d'une fée, c'est... (faire la nique aux trop bien cultivés)
# Posté le jeudi 30 mars 2006 06:00
Modifié le lundi 16 juillet 2007 01:59

Toi et moi (...) nous tisserons un autre

L'histoire d'une fée, c'est... (une arrivée sur le marché de l'emploi difficile)
L'homme de l'ombre...

Laurent Boutonnat naît la même année que Mylène Gautier, le 14 juin, à Paris. Sa famille est aisée et assez connue: son grand-père, Charles, était administrateur de la France d'Outre-Mer, et son père, Pierre-Louis, est un entrepreneur important: il a ainsi dirigé une dizaine d'entreprises, la croix-Rouge, et la WWF en 2004, et reçut la Légion d'Honneur ainsi que l'Ordre National du Mérite.

Laurent grandit avec son frêre et ses trois soeurs, et réalise parfois avec leur aide de petits courts-métrages grâce à la caméra Super 8 de la famille. Ainsi, à 10 ans, il souhaite transposer Bambi en "version" humaine, et déjà garde la main sur tous les aspects techniques de cette production.

Afin de parfaire son éducation, ses parents lui donnent le goût du piano et l'inscrivent à l'école des Jésuites, école de laquelle il sera plusieurs fois renvoyé, mais qui l'aura considérablement marqué eu considération de ses futures productions... Dès quinze ans, il quitte alors ses études pour se consacrer à sa passion: le cinéma, pour lequel il possède déjà de nombreux sujets en tête.

C'est ainsi qu'il réalise son premier véritable court-métrage, La ballade de la féconductrice, dès seize ans. Du fait de son extrême dureté (voire article suivant), ce film sera interdit aux moins de 18 ans!

Il est ensuite engagé comme caméraman par le grand reporter Jean-François Chauvel, qui l'amènera à travers tout l'hexagone... Laurent effectue ensuite des recherches sur l'infanticide afin de rédiger un ouvrage consacré à ce thème pour le Mercure de France, et réalise différentes publicités afin de gagner sa vie. On lui propose même de réaliser un film d'horreur, qui ne verra jamais le jour.

En un soir, il écrit les paroles d'une fausse comptine, qui sera mise en musique le lendemain par un ami, Jérôme Dahan. Et cette petite création insouciante sera le point de départ d'une des plus grandes légendes de la chanson française...
# Posté le jeudi 30 mars 2006 12:42
Modifié le jeudi 12 juillet 2007 00:14