Bad Girl

Bad Girl
Suite au succès immense du 45T Libertine, Mylène et Laurent auraient eu pour projet de dépasser les frontières francophones, comme ils l'espéraient déjà, rappelons-le, avec Maman a tort devenu My mum is wrong. Une version anglaise du dernier 45T aurait ainsi été enregistrée: Bad girl.

Tout ceci ne peut être annoncé qu'au conditionnel, tant la certitude a ce sujet n'est pas totalement acquise... En effet, jamais la version anglophone n'aurait été commercialisée ni même diffusée.

Et pourtant, les fans possèdent bel et bien ce titre d'une durée de 3'45, ainsi que son remix de 5'37 (où c'est principalement l'introduction qui fait la différence, très semblable à celle du Remix Spécial Club de Libertine). On pense en effet assez aisément reconnaître la voix encore frêle de la jeune chanteuse.

Si l'on en suit la rumeur, c'est Bertrand Lepage qui en aurait gardé le master ("bande-mère", support qui permet ensuite de dupliquer le titre sur les vynils). Ce dernier contenait l'enregistrement du single et de son remix. A la mort du manager, c'est l'un de ses proches (selon les dires du parfait inconnu) qui aurait sorti ce master du tiroir pour le diffuser. Mal lui en prit, il aurait été poursuivi en justice par le staff de la chanteuse, et condamné par la justice.

I was everything you wanted me to be
I was used and I got nothing in return
I believe in true and everlasting love
You took all my dreams when you left

Bad Girl, now I'm a bad girl
Living the fantasies
Bad Girl, now I'm a bad girl
Come and play with me

I was filled with dance and security
Now I'm full of row and sex unlimity
Yeah, and I feel ready to win anyone's heart
I've got to survive and break free

Bad Girl, now I'm a bad girl
Living the fantasies
Bad Girl, now I'm a bad girl
Come and play with me


Down on my knees just to breathe
Take me I'm yours
I'll do anything you really want me to
When in your arms with your charm I will die for you
You're making me lose all control

You'd better be told
It makes me wanna surrender
I want to explode
Why don't you pull the trigger
I could blast you with pleasure
And blow your mind
Be exciting, gentle and kind

# Posté le vendredi 20 octobre 2006 16:58

Modifié le lundi 23 juillet 2007 01:15

Cendres de lune

Cendres de lune
Comme pour Libertine, le premier album de Mylène Farmer sort au début de l'année 1986. Il s'intitule sobrement: Cendres de lune (pour une explication plausible de ce titre, voir le début de l'article "entre mes dunes"). Cette métaphore ouvre et clôt magistralement le Maxi 33T: en effet, "cendres de lune" est à la fois le premier vers de la première chanson de l'album, mais c'est également le titre de l'instrumental situé en dernière piste (rappelons que ce morceau, composé par Laurent Boutonnat, sert également de générique de début au clip de Plus Grandir).

Au départ, seuls 9 titres composent l'album, répartis comme suit:
1- Libertine
2- Au bout de la nuit
3- Vieux bouc
4- Chloé
5- Maman a tort (Nouvelle Version)
6- We'll never die
7- Greta
8- Plus grandir
9- Cendres de lune

Nous remarquons ainsi que les premiers 45T de la chanteuse, faces A et B, sont tous inclus dans cet opus, si ce n'est le titre On est tous des imbéciles et son éternel compagnon L'annonciation. Certains expliquent cette absence par un problème de droit avec l'ancienne maison de disques, RCA, d'autres y voient une volonté de se démarquer du bide de ce 45T...

La seconde version sort quant à elle en avril 1987. Entre temps, le très réussi Tristana est enregistré, qui intègre immédiatement l'album (choix médité bien avant sa sortie en 45T, comme en attestent certaines interviews de Mylène). S'y rajoutent également un remix de ce nouveau titre, ainsi que le "spécial club" de Libertine. Au total, Cendres de lune s'enorgueillit de 12 titres:
1- Libertine
2- Au bout de la nuit
3- Vieux bouc
4- Tristana
5- Chloé
6- Maman a tort (Nouvelle Version)
7- We'll never die
8- Greta
9- Plus grandir
10- Libertine (Remix Spécial Club)
11- Tristana (Remix Club)
12- Cendres de lune

Ces deux versions existent au format 33T (mais sans les deux remixes), cassette audio, et CD (la première demeurant plus rare pour chacun de ses supports). Plus de 700 000 copies s'en écouleront, soit un double disque de platine. L'album se serait même hissé jusqu'à la dixième place du top album...

Un début plus que prometteur somme toute!

# Posté le lundi 30 octobre 2006 10:14

Modifié le lundi 23 juillet 2007 01:15

Au bout de la nuit

Beau
c'est si beau!
ton corps
glissant sur ma peau

chaud
que c'est chaud!
ta bouche soufflant sur mes mots

long
oh, c'est long!
le temps
du dernier frisson

froid
qu'il est froid!
ce silence
qui grelotte en moi

au bout de la nuit
sans vie, j'm'enfuis
au bout de l'envie
tout meurt sans cri

chut!
tout est vide
tout est ride
suicide

j't'aime
oh, je t'aime
sans toi
il me reste quoi ?
Au bout de la nuit

# Posté le samedi 04 novembre 2006 06:42

Modifié le lundi 23 juillet 2007 10:29

Sans vie j'm'enfuis

Sans vie j'm'enfuis
C'est par un soupir masculin qui relève plus du râle que débute le titre d'Au bout de la nuit. D'emblée, l'auditeur ne sait s'il a réellement affaire à une inflexion sexuelle ou à un gémissement douloureux prémortem... Les paroles, entièrement écrites une nouvelle fois par Laurent Boutonnat, n'aideront pas davantage à clarifier la nature de ce soupir qui se répétera tout le long du titre.

Quelques notes de synthé assez lourdes laissent rapidement place à la voix suave de Mylène. Le premier couplet débute de manière particulièrement torride. En effet, le parolier ouvre la chanson par des images terriblement sensuelles : la fusion des corps devenus moites ("ton corps glissant sur ma peau"), et cette communion si charnelle qu'est le baiser ("ta bouche soufflant sur mes mots"). Le procédé stylistique pour amorcer ces images fortement sensuelles est lui aussi unique : Laurent fait se rimer un adjectif d'abord seul à lui-même à la fin d'une exclamation "Beau c'est si beau! (...) Chaud c'est si chaud!" . Tous les termes et images en présence mettent ainsi en place un rapport sexuel.

Cependant, dès la seconde partie du premier couplet, Boutonnat réemploie la mise en écho d'adjectifs pour cette fois nous amener à une situation antinomique à la précédente. Le "beau" qui se vit dans l'immédiateté cède face au "long", tandis que le "chaud" est anéanti par le "froid". Au bout de la nuit nous fait ainsi passer d'un extrême à l'autre brutalement, manière fort remarquable d'évoquer par ellipse l'orgasme! En effet, la jouissance interrompt furtivement toute l'ardeur, tout le désir, toutes les tensions propres à la vie. Qui n'a jamais vécu cet abandon total de quelques secondes, où le temps se suspend et le corps se raidit ("c'est long le temps du dernier frisson") ? Le relâchement survient, laissant place à un vide ici évoqué par le "froid (...) silence" qui "grelotte" à l'intérieur de soi. Reconnaissons à Laurent Boutonnat son talent pour avoir aussi bien saisi (et décrit sans même le nommer !) cet état transitoire, cette unique tension entre le tout et le vide, la vie et la mort.

Le refrain prend alors place. La "nuit" est devenue synonyme d'"envie", au bout desquelles la mort s'impose ("sans vie (...) tout meurt"). La vie nocturne favorise l'échange sexuel, l'imaginaire et par conséquent les fantasmes. En cela, elle est vectrice d'envies, d'où probablement le rapprochement ici opéré (correspondant aux deux premières strophes du premier couple). Mais "au bout" des deux se trouve la mort (deux dernières strophes du premier couplet) :
-l'aube pour la première inflige à l'individu un retour à une réalité moins fantasmée, et donc à une libido atténuée ("sans vie j'm'enfuis" étant la métaphore de cette évaporation de l'être de désir)
-l'état post-coït pour la seconde nous ramène aux explications fournies précédemment. L'orgasme, Mylène s'est plue parfois à le rappeler, est également appelée "petite mort". Georges Bataille (également plusieurs fois évoqué par la chanteuse) fut le premier à inventer ce terme dans Madame Edwarda, justement pour évoquer cette suspension furtive de la vie, où le corps ne s'appartient plus à lui-même, où les élans vitaux sont stoppés net. Retour au néant ("Tout meurt") même si cela ne se fait pas dans la douleur ("sans cri").

Le second couplet demeure plus énigmatique. Le procédé de l'adjectif mis en relief est abandonné, marquant ainsi une évolution dans le style. Mylène ordonne un "chut!" devenu à lui seul une exclamation. Le silence intérieur précédemment évoqué s'impose ainsi au partenaire qui s'apprêtait peut-être par des paroles maladroites à abolir cet abandon de soi, cet état mortel ("tout est vide, tout est ride"). On ne sait alors si cette extase macabre est déplorée ou au contraire recherchée (comme le "suicide" -notons que c'est la première fois que ce mot apparaît dans un texte de la chanteuse-). On se rappelle ainsi le personnage de Libertine (et ce n'est peut-être pas pour rien qu'Au bout de la nuit suit d'ailleurs aussitôt ce titre sur l'album), où le personnage déchante après plusieurs unions charnelles. L'amour semble en effet également dans les deux chansons s'imposer après le rapport sexuel ("je t'aime oh je t'aime"). L'être qui a su donner du plaisir est aimé (l'orgasme serait-il considéré par Laurent comme à l'origine de ce sentiment, du moins de l'intérêt suscité par le partenaire ?). Toujours est-il que l'amant qui a offert cette petite mort n'était peut-être que celui d'un soir, rompant tout futur échange avec la narratrice, et plongeant celle-ci dans le désarroi ("sans toi il me reste quoi?"). Mais sans confirmer la rupture, on peut également songer que cette dernière interrogation exprime davantage son attachement à l'autre, qui seul peut lui offrir cette tension maximale de la vie...

On comprend ainsi aisément que le personnage d'Au bout de la nuit n'est pas si éloigné que cela de celui de Libertine. Outre leur proximité sur les pistes de l'album, il devait également, mais peut-être ne le saviez-vous pas, être le nouveau (et dernier pour la promotion de l'album) 45T de la jeune chanteuse. L'enregistrement de Tristana cependant éclipsa cette possibilité, devenue pour le coup moins évidente.

# Posté le jeudi 09 novembre 2006 14:03

Modifié le jeudi 09 novembre 2006 14:46

Fixé à vos yeux si tendres

Fixé à vos yeux si tendres
Voici une nouvelle photo que j'ai prise avant-hier de moi...

Rien d'exceptionnel, si ce n'est que j'observe une nouvelle évolution dans ma musculature par rapport au passé (merci cette pose aussi, qui aide bien à faire ressortir les muscles lol). Une énorme satisfaction en découle forcément, même si je demeure loin, si loin, de l'idéal recherché. Le sentiment est ainsi ambivalent: si la conscience des progrès accomplis m'encourage, la référence à un modèle qui me sera toujours inaccessible me dépite. Si certaines personnes parmi les visiteurs de ce blog font également de la musculation, ressentez-vous les mêmes choses?

Plus universalement, notre comportement se détermine-t-il en fonction de modèles à suivre? Par ce terme je n'entends toutefois pas le simple copiage.

Si Mylène est définitivement un modèle pour moi (par sa culture, sa douceur, sa puissance émotionnelle, sa beauté, son intelligence, l'esthétisme de son oeuvre, la réussite sociale et j'en passe), c'est que j'aimerais tendre vers ce qu'elle est (ou du moins représente à mes yeux). Pour autant l'identification identitaire ne se fait heureusement pas. Il est intéressant à ce sujet de voir certains fans chez qui cette dernière se fait: ceux-ci font les timides, parlent calmement et de manière laconique, se teignent parfois en roux... Je ne condamne absolument pas ce "copiage" comportemental, mais il m'interroge.

Et vous, comment expliquez-vous ce phénomène par lequel on peut délaisser sa propre identité pour emprunter celle d'autrui?

# Posté le vendredi 17 novembre 2006 16:15